Le jazz modal
Le jazz modal apparaît à la toute fin des années 50. L'album "Kind of Blue" en est définitivement le représentant le plus célèbre, et sera par ailleurs le disque le plus vendu de l'histoire du jazz. Les morceaux de cet album sont tous devenus de très grands standards : So what, Freddie Freeloader, Blue in Green, All blues et Flamenco Sketches.
Les deux musiciens phares de cet enregistrement sont le trompettiste Miles Davis, à l'origine de ce projet, et le pianiste Bill Evans qui proposera des harmonies novatrices pour l'époque.
Dans les années 60, John Coltrane et McCoy Tyner enregistrent une des interprétations de référence du jazz modal, "My Favorite Things" dans l'album du même nom. En 1964 le pianiste Herbie Hancock compose et joue Cantaloupe Island, un autre tube du style modal, présent dans son album "Empyrean Isles".
Le jazz modal est structuré autour d'un minimum d'accords et exige un maximum de liberté mélodique, d'enrichissements harmoniques et rythmiques de la part des musiciens improvisateurs. Sont utilisés le ou les modes correspondants aux quelques accords constituants le morceau musical, d'où l'appellation de "jazz modal". Pour la plupart ce sont des modes anciens ou "grecs". Le plus courant est sans conteste le mode dorien mais d'autres dont le phrygien, le lydien et le mixolydien peuvent être régulièrement employés aussi.
C'est à l'époque du jazz modal que le jeu dit "out", c'est à dire hors de la tonalité correspondante à l'accord d'accompagnement, voit véritablement le jour. En effet lorsque les changements harmoniques sont peu nombreux comme dans le style modal, il est très enrichissant pour son improvisation d'utiliser des variations mélodiques qui vont jusqu'à sortir de la tonalité.